Cela fait trois ans que j’enseigne, oui, je suis débutante.
Ma première année d’enseignement a été un trauma, j’ai été malmenée par les conseillers pédagogiques et cela s’est répété ensuite. Chaque fois que j’avais besoin de conseils, de soutien, de bienveillance, de tutorat, je me prenais des remarques abjectes «manque d’éthique professionnelle» lorsque j’étais impuissante face aux difficultés d’une élève.
En plus des élèves au comportement agressif j’ai du me farcir la dureté et la cruauté de ceux qui sont censés nous accompagner dans le métier. Mon témoignage est celui de beaucoup de jeunes profs, mais à cause de cette boucle je vais désormais au travail la boule au ventre même quand cela se passe bien. J’ai la peur d’entendre le réveil sonner, je ne parviens pas à décrocher de l’école.
Alors oui nous connaissons la maltraitance des profs face aux élèves, mais je tiens à dénoncer celle de nos «supérieurs» CPC, IEN qui sont les bourreaux de l’Education Nationale. Et veuillez m’excuser les détails, mais j’en ai des vomissements matinaux. Mais la question est : jusqu’à quand pourrons-nous souffrir ?
Ce beau métier est devenu la rose épineuse que l’on serre fort dans sa paume. Alors il ne faudra pas s’étonner si dans quelques années les professeurs humains et passionnés laissent leur chaise vide, et que des adultes malveillants prennent place. Un enfer de chaises musicales.
— Etablissement public, 3 ans d’ancienneté
